Code de la route polonais

Au mois dernier, je pensais encore qu’après quelques temps d’adaptation à mes nouveaux lieux de vie et de travail, je pourrais profiter de mon temps libre pour m’exercer un peu à la conduite automobile. Bien sûr, tant qu’à faire, j’attendrais la fin de l’hiver.

Et puis, si globalement, ça a l’air pareil qu’en Belgique, ce ne serait peut-être pas un mauvais plan de tout de même apprendre le code d’ici. En bonne autodidacte, je tâche de capter les différences majeures entre le code belge et le polonais. Voici, pour vous, une liste non-exhaustive des principales différences à connaître entre la conduite en Belgique et la conduite en Pologne.fond ecran Gaston Lagaffe 06

1) Les véhicules ont tous l’air vieux de 50 ans. Ils ne possèdent pas d’enjoliveurs. Ils ont des vieux freins qui crissent. Ils rejettent tant de CO2 qu’on peut voir le gaz d’échappement. Si en Belgique, on a parfois une gadoue brunâtre, sachez qu’ici, à la fin de la journée, la neige fraîche du matin est noire.

2) Le feu pour piétons attend systématiquement que mon tram soit parti avant de passer au vert.
– Vous connaissez ces petits boutons à proximité des passages piéton, et qui permettent de demander le vert? Il y en a ici aussi. Est-ce une bonne nouvelle? Ils sont aussi efficaces qu’en Belgique!

3) Les conducteurs d’automobiles se moquent pas mal des passages piétons. Même lorsque le feu piéton est vert, une voiture peut venir de gauche à toute allure, et vous couper la route.

4) En Belgique l’ordre des feux est simple :
– vert : tu peux y aller
– orange : ralenti pour pouvoir freiner
– rouge : tu ne passes pas.

En Pologne, après le rouge, ils repassent par l’orange, comme pour dire : tu peux remettre le moteur en marche.

5) Il existe un feu piéton orange. Mais je pense qu’il s’adresse aux voitures du point trois.

6) Le feu piéton couine lorsqu’il est vert. Peut-être pour les personnes malvoyantes. Mais vu le point trois, …

7) Les feux pour voitures, ont parfois, comme en Belgique des flèches, selon la bande sur laquelle on se trouve. Sauf qu’ici c’est flèche noire sur fond coloré. Et quand on a le choix entre tout droit et à gauche, la flèche va en bas et à gauche… Alors qu’à côté de ça, les panneaux bleus indiquant une voie à sens unique, ont comme chez nous une flèche blanche vers le haut.

Mais qu’est-ce qu’on attend pour établir un code de la route Européen? Avec la libre circulation en Europe, ça devrait être une des premières choses à mettre en oeuvre, bien avant de changer les plaques des voitures!

8) Plaque d’immatriculation au format européen? Ils ne connaissent pas! Ou alors, c’est parce qu’ils gardent leur véhicule beaucoup plus longtemps que nous.


 

Je ferais peut-être mieux de commencer par apprendre le polonais.

Retour à Lodz après une semaine bien chargée à Varsovie.

C’est le matin, je me réveille.

Chouette! me dis-je. Il n’est que 7h… J’ai tout le temps devant moi pour m’apprêter avant d’aller au boulot.

Quelques minutes plus tard, j’arrive à l’arrêt de tram. Quelques voitures du siècle dernier passent devant moi, recouvertes d’un fin manteau de neige.

Zut alors, je croyais que l’hiver était fini!

Peu de monde sur la route ce matin. C’est curieux. D’accord, je me suis levée tôt mais tout de même. Et puis, le tram est déjà passé trois fois dans l’autre sens,…

Qu’est-ce qu’il se… Bon Sang!

Un rapide coup d’œil sur mon G.S.M. a vite fait de dissiper le moindre doute.
Vous me connaissez bien. Vous avez donc deviné. Hé oui! On était dimanche.


 

Comment expliquer qu’une jeune femme, pourtant bien réveillée et de bonne heure de surcroît, ait pu prendre un dimanche pour un lundi? Plusieurs facteurs entrent ici en jeu:

– La dite jeune fille est d’origine belge. Elle est donc habituée à prendre le train le dimanche soir, pour rentrer au kot;
– Comme elle étudiait encore il y a peu, la logopédie à Marie Haps, on peut supposer sans trop s’avancer qu’elle avait oublié le concept même de « grasse matinée »;
– Enfin, le samedi de son retour était particulièrement ensoleillé. On sait que la jeune fille communique principalement en anglais avec ses collègues. Quoi de plus normal, donc, que d’avoir pris un « sunny day » pour un « Sunday »? Et par conséquent un dimanche pour un lundi.


 

Ceux d’entre vous qui me connaissent depuis longtemps savent qu’autrefois, je n’aurais remarqué ma méprise qu’au dernier moment. Je ne peux donc que me réjouir de l’issue de cette mésaventure. D’autant plus que cette envie d’aller travailler, même un dimanche matin, ne dénote finalement rien d’autre qu’un amour certain pour mon boulot.