Nous cotisons pour la dignité de tous les belges

Merci Sophie De Coninck de donner une voix à notre public sur un réseau tel que LinkedIn.
Dans un monde de plus en plus numérique, la fracture sociale est double. Analphabétisme + méconnaissance des outils numériques. Notre public n’est pas dénué de bonne volonté mais rencontre de nombreux obstacles qui finissent bien souvent par décourager même les plus persévérants.

Savoir lire, écrire, et surfer sur le web n’est pas nécessaire pour être commis de cuisine, mais c’est aujourd’hui indispensable pour trouver une offre d’emploi.

Les mesures du gouvernement Arizona vont impacter tout le monde, mais notre public va être directement atteint dans sa dignité, privé de ses droits les plus fondamentaux.

Les CPAS viendront peut-être en aide, à hauteur des moyens dont ils disposeront. Mais on sait déjà qu’on ne peut pas introduire de dossier préventivement, et qu’une fois privé des allocations de chômages, le CPAS aura deux mois pour prendre une décision. Soit deux mois sans aucune source de revenu pour certains. Que vont devenir nos concitoyens ? Je trouve cette situation vraiment préoccupante.

On ne « profite » pas des allocations de chômage. On ne « profite » pas d’une indemnité maladie en cas de Burnout ou de dépression. Pas plus qu’on ne « profite » de sa pension après une carrière d’ouvrier. On y a droit. C’est la loi. On cotise tous pour qu’en Belgique chaque citoyen puisse mener une vie digne. L’Arizona se bat contre la dignité de chacun. Nous lutterons contre les réformes proposées par l’Arizona.

Vous avez dit « inclusi•f•ve »?

L’écriture inclusive n’a pas fini de faire couler de l’encre. ✒️

🤩 Personnellement, mon côté féministe a d’abord été séduit par l’idée d’un système d’écriture qui donnerait une place à tout le monde.

😳 Mais j’ai aussi conscience du challenge que cela représente autant à la lecture qu’à l’écriture. D’abord pour le quidam ordinaire, qui n’y est pas encore habitué, mais ensuite et peut-être surtout, pour toutes les personnes qui ne maîtrisent déjà pas le français classique. Je pense aux personnes d’origine étrangère, mais aussi aux personnes dyslexiques, ou simplement à toutes les personnes ayant grandi dans un milieu peu éduqué, et dont les propos sont déjà trop souvent invalidés et déconsidérés en raison d’une orthographe, d’une syntaxe, d’une grammaire ou simplement d’un style « bancal » aux yeux d’une certaine élite auto-proclammée.

🥸 Car l’orthographe française, telle qu’elle fût imaginée par l’Académie Française à l’époque de sa création est une orthographe délibérément compliquée, dans le but de distinguer l’élite du peuple. Pour maîtriser cette écriture, il est nécessaire d’y consacrer du temps. Or, ceux qui ont le temps, qui n’ont « que ça à foutre », ce sont bien entendu les gens qui n’ont pas besoin de travailler pour survivre, soit les gens riches.

😎 De la même manière, l’écriture dite inclusive trouvera d’abord des adeptes auprès des bourgeois bohèmes, en particulier les bobo féministes.

💬 Or, la fonction première du langage, c’est bien de pouvoir communiquer des idées. Cela nécessite un code commun. Dès lors, la communication sera facilitée par l’adoption d’un code accessible à tous.

✂️ On peut bien sûr critiquer la langue française du point de vue de son inclusivité vis à vis de tous les genres. Mais la complexifier avec un système d’écriture parallèle n’a rien d’inclusif. Au contraire cela exclut de la conversation toustes celleux qui ne maîtrisent pas ce code.

🐦‍⬛La seule façon d’être réellement inclusif, c’est de ne pas faire de distinction entre les différents genres, à l’écrit, comme à l’oral. Et devinez quoi? ça existe déjà. Cela s’appelle le masculin grammatical. Le genre grammatical d’un nom n’est pas toujours lié au genre réel. Ainsi quand je parle d’une girafe ou d’un chacal, la girafe peut être un mâle ou une femelle, et le chacal peut être un mâle ou une femelle.

De plus, si aujourd’hui les grammairiens reconnaissent deux genres grammaticaux en français (le masculin et le féminin) il y a bien également la présence d’un genre neutre. Des pronoms comme « je », « tu », « on », « nous », « vous » ne sont ni féminins, ni masculins, ils peuvent désigner l’un, l’autre, ou les deux à la fois.
Il semblerait même qu’il ait existé un genre neutre attesté en français, mais dont la forme aurait été si proche du masculin, qu’ils auraient fini par se confondre.

Assez paradoxalement, féminiser ou neutraliser les mots, cela revient à distinguer les genres et donc à souligner une différence là où le masculin grammatical en fait fi.

Aussi, plutôt que de soutenir l’écriture dite « inclusive », je préfère largement simplifier la langue française, et aborder la grammaire à travers un prisme plus inclusif. Où il ne serait plus question de genre grammatical « masculin », « féminin » et « neutre ». Mais de genre A et de genre B. De genre principal et de genre secondaire. De genre par défaut et de genre distinct.

« Désirer la violence » de Chloé Thibaud (eds « Les insolentes »)

Wow. Quel travail titanesque que celui accompli par Madame Thibaud! Dans cet ouvrage remarquable, elle passe en revue bon nombre de films cultes, avec cette question : comment a-t-on pu à l’époque de leur sortie fantasmer, érotiser, romantiser ou rendre comiques des relations toxiques et violentes? Quand un « baiser non consenti » se déguise en un gentil « baiser volé », quand les violences ne sont qu’un prétexte servant de point de départ pour permettre aux « mecs biens » d’être à leur tour violents pour « laver un honneur »,… Quand les monstres, psychopathes, vampires, cannibales, interprétés par des beaux gosses, nous donneraient presque envie d’être leurs victimes,… Quand la gifle devient le préliminaire d’une relation sexuelle torride, quand les scènes de viol sont tantôt tournées en dérision, tantôt présentées comme de la veine… Le cinéma et les séries télévisées regorgent de relations passionnelles malsaines, le plus souvent présentées du point de vue de l’agresseur et toujours impunies ou du moins bien vite excusées par des flash-backs expliquant les circonstances atténuantes des agresseurs.L’autrice du livre explique que les féministes actuel•le•s ne savent plus si montrer ces violences au cinéma revient à les dénoncer ou si, en en présentant davantage au jeune public, on ne contribue pas un peu plus à leur banalisation.De même, on s’interroge sur la « bonne revanche » des victimes de violence : la loi du talion ou le dépassement du trauma, avec un retour à une vie anodine, comme si rien ne s’était passé ? Que veut-on voir à l’écran ? Et qu’avons-nous besoin de voir à l’écran ? Le cinéma ce n’est que de la fiction. Rien que de la fiction? Le cinéma est un art, et il doit rester libre de présenter les sujets qu’il veut. Mais nous avons alors le devoir de parler correctement de ce qui est montré à l’écran. La façon dont sont rédigés certains synopsis posent question.L’autrice va plus loin encore, et s’interroge sur l’envers du décor : nos héroïnes sont interprétées par des femmes victimes d’abus de la part des producteurs et réalisateurs, les monstres sacrés du cinéma continuent d’être glorifiés malgré leurs mauvais agissements. S’il est surtout question de femmes victimes d’hommes, la question des hommes victimes de violence sexuelles et psychologiques n’est pas non plus passée sous silence. C’est un livre qui aide à prendre conscience des représentations avec lesquelles notre société a grandi, qui aide à questionner celles-ci, qui permet des réflexions plus large du type « à partir de quand un acte est-il violent, et condamnable? » Peut-on réellement désirer la violence?

Comme un oiseau dans un bocal

Lorsque Birdo rencontre Raya, il y a tout de suite une sorte d’alchimie qui se produit. Rapidement, ils se surprennent à discuter de sujets pourtant intimes. Lou Lubie nous place en spectateur de leurs réflexions : L’intelligence n’est pas un don qu’on possède ou non. On est tous plus ou moins intelligents. Mais lorsque on se situe aux extrêmes, on se retrouve forcément en marge de la société, et l’on peut ressentir ce décalage par rapport au reste du monde comme un handicap. Pas facile de trouver les bons mots pour en parler sans blesser l’orgueil de monsieur-madame tout-le-monde.

Si parler de précocité peut avoir du sens s’agissant d’un enfant, il n’en a plus du tout au sein d’une population adulte.

Le terme de surdouance laisse à penser que tous les autres sont « moins doués », ça sonne vite arrogant, ou prétentieux. (Alors qu’entre les 2% de surdoués et les 2% de sous-doués, il reste 96% de personnes plus ou moins intelligentes)

L’idée de Haut Potentiel Intellectuel donne au principal intéressé le sentiment d’avoir le devoir faire quelque chose de ce don. (Bonjour la pression!)

Quant aux métaphores animales (zèbre, poulpe, poisson…) elles ont surtout le mérite de permettre aux principaux intéressés de se reconnaître entre eux. Il s’agit plus d’un code, que d’une analogie basée sur les capacités de l’animal en question.

Enfin, une nouvelle étiquette tente de définir au mieux cette population particulière. Il s’agit de « philo-cognitif » (qui aime penser)

Brido et Raya abordent aussi la question des « comorbidités » des neurodivergents (hypersensibilité, TSA, TDA, Troubles Dys etc), la validité et la signification des différents tests (notamment l’effet Barnum), les biais d’observation des psychiatres, et les stéréotypes en tout genre autour de ce fonctionnement particulier. Bref, à travers cette charmante bande dessinée, c’est un bel état des lieux sur le HQI que nous offre Lou Lubie.

La différence invisible

Dans cette BD de Julie Dachez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin), on suit la vie quotidienne de Marguerite, une jeune femme qui vit comme tout le monde, quoi qu’un peu à part. Entre son petit ami qui ne comprend pas pourquoi elle ne s’amuse pas dans les soirées et elle qui ne comprend pas que son « sympathique » voisin est en fait occupé à la draguer avec son baratin ; entre ses collègues qui ne comprennent pas le manque de tact de Marguerite et celle-ci qui dit sans détour ce qu’elle pense, réalisant souvent trop tard que sa réaction était inappropriée. Marguerite découvre un jour que l’autisme la concerne peut-être bien. Elle se reconnaît dans les témoignages et se renseigne. Comme beaucoup de personnes autistes elle est d’abord confrontée à un psy mal renseigné sur le trouble, mais elle tient bon, et pousse d’autres portes. Une fois son diagnostic posé, elle se sent d’abord soulagée, elle déculpabilise d’être « différente ». Elle rencontre de nouvelles personnes auprès desquelles elle ne doit plus en permanence faire des efforts d’adaptation. C’est reposant. Engaillardie par une nouvelle energie, elle entreprend de demander des aménagements sur son lieu de travail. L’entreprise a beau se dire ouverte à la différence, les aménagements demandés (bureau privé par exemple pour éviter le brouhaha de l’Open space) sont tous refusés au prétexte qu’on ne peut pas faire de favoritisme, que ce serait injuste vis-à-vis des autres collègues. En d’autres termes, elle se retrouve discriminée au nom de la non-discrimination. Comme beaucoup de personnes autistes, Marguerite se résignera à changer de taf.

« Atypiquement nôtre »

En sortant du cabinet du psy, la maman de Pablo a du mal à comprendre : comment se fait-il que son fils, qui vient d’être découvert HPI n’aie pas eu de meilleurs résultats scolaires ? Comment, elle, sa mère a-t-elle pu passer à côté de quelque chose d’aussi important ? Que dire au reste de la famille?

Rapidement, la famille toute entière se questionne sur ce mode de fonctionnement particulier et bientôt tout le monde se découvre neuro-divergent, chacun avec ses spécificités : hypersensibilité, TSA etc.

Pablo de son côté ose un peu plus afficher ses centres d’intérêts auprès de ses potes… Ça passe ou ça casse, dans tous les cas, ce sera pour un mieux. Sa maman aussi est confrontée aux clichés quand elle en discute avec ses copines. Mais malgré les taquineries de leur entourage, les membres de la famille toute entière se comprennent mieux, et tous se sentent mieux dans leurs baskets.

une BD pour découvrir le haut potentiel intellectuel et les questions que cela suscite, signée Élodie Crépel et Cévany.

Tu manques de filtres

Ce filtre entre tes idées, et la manière dont tu les formules. Tu sais, ce truc qu’on appelle « diplomatie », ou « tact ». Tu es parfois trop franche, non seulement dans ce que tu dis, mais aussi dans ton attitude, ton comportement. Souvent, tu sembles arrogante. On dirait parfois que tu manques d’empathie, que tu ne parviens pas à te mettre à la place de l’autre, de comment il va se sentir en recevant ton message. On te trouve parfois bizarre. Tu questionnes souvent tes ainés, ta hiérarchie. Quelle prétention ! Ils savent ce qu’ils font tout de même ; ils ont une expérience que tu n’as pas ! …

Tu manques de filtres. Ces filtres vis-à-vis du monde que tu perçois. Tu percevras avec la même intensité la température de la pièce et la luminosité ambiante ; les bruits de la circulation et le chant des oiseaux ; les odeurs qui flottent dans l’air ; le goût, les couleurs et la texture de ton repas ; tes besoins physiologiques. On dirait que tu ne sais pas faire abstraction de tout ça pour te concentrer sur la tâche, toute simple qu’on vient de te confier. Tu as souvent du mal à voir les évidences, tu te compliques la vie avec des détails dont tout le monde se fout. Tout le monde a compris ce qui était attendu sauf toi. Tout le monde comprend ce qu’il faut comprendre sauf toi. Tu bloques sur une phrase, un mot, un montant, qui manque un peu de précision. Tu traques sans arrêt la petite bête, tout ce qui pourrait prêter à confusion y passe. Et ça ne loupe pas, tu as beau savoir comment ça devrait être interprété, tu persistes dans la direction demandée stricto sensu plutôt que dans celle attendue implicitement et logiquement, compte tenu du contexte.

Le plus étrange, c’est que tu sais qu’il te manque des filtres, tu sais même lesquels seraient nécessaires, mais on dirait qu’ils sont en rupture de stock. Que tu n’en trouves pas au format adapté. Tu essayes, tu bricoles vaille que vaille un filtre de fortune. Personne autour de toi ne semble réaliser quelle énergie ça te demande. Parfois, tes journées, tes semaines, tes mois, tes années sont plus chargées que d’ordinaire. Alors tu craques. Ton filtre de fortune n’a pas tenu le coup. Tu assistes, impuissante, à l’ouverture de tes propres écluses. Tu t’en veux de n’avoir pas su construire un filtre plus solide. Depuis le temps que tu en fabriques, tu devrais pourtant savoir comment t’y prendre. Mais pour cette fois, tu le sais, c’est trop tard. Ton ouvrage n’a pas tenu, il va falloir tout reconstruire. Encore une fois.

Gustave et ses poules #04 : les triplés.

Cela faisait plusieurs mois déjà que Nicole boitait. Elle allait de-ci, de-là, claudiquant à la recherche de quelques restes de nourriture. Gustave lui laissait presque toujours des croûtes de pain ou une assiette de légumes. Bien sûr, il présentait son geste comme une démarche altruiste, mais cela ne dupait personne. Aussi lorsqu’un repas de Gustave parvenait jusqu’à elle, c’était le plus souvent parce que ce dernier nous avait tenu tête trois jours d’affilée et que le repas était devenu immangeable. Oh! Pas dans son entièreté bien sûr. Nous savions bien qu’elle saurait faire le tri entre ce qui était pourri – qu’elle laissait volontiers aux lombrics du coin – et ce qui était encore commestible. Et puis, cela ne nous empêchait pas de lui donner par ailleurs un bon mélange de graines. Mais tout de même, on se demandait bien ce qu’elle avait à la patte. Elle fut même emmenée chez le vétérinaire. Celui-ci lui injecta je-ne-sais quel cocktail d’antidouleurs, en prétendant que son état devrait s’améliorer dans les jours qui viendraient. Hélas, les jours passaient, et la noireaude continuait de sautiller sur sa patte valide. Il arriva même un moment où elle sembla déterminée à rester dans son nid. J’essayai tout d’abord de l’apâter avec des graines. Cela sembla fonctionner quelques temps, mais sitôt qu’elle avait finit de picorer, elle s’en retournait bouder dans son coin. Je n’avais même pas même le temps de récupérer ses œufs, qu’elle couvait désormais sans relâche. Je commençais à craindre une sorte de dépression. Avais-je négligé cette pauvre bête en ne retournant pas chez le vétérinaire ? Pierre-Yves me soutenait que « c’est con, une poule, et en vrai, on s’en fout un peu qu’elle boîte ». Je gardais en moi un sentiment mitigé.

J’ai beau savoir que mon mari est le genre d’homme auquel on peut faire confiance, je ne pus m’empêcher, comme à mon habitude, de recueillir d’autres opinions. Mon beau-père qui avait eu des poules dans le temps, me conseilla de lui donner des œufs fécondés à couver. « Dès qu’ils auront éclos, tes poules vont s’en occuper et tu pourras denouveau prendre leurs œufs. » Il m’offrit donc des œufs, fraîchement pondus par une poule inconnue, laquelle venait d’être assaillie par un coq tout aussi anonyme.

« Il suffit que tu les marques pour les reconnaître, et tu attends une vingtaine de jours ». Les autres œufs, si tu ne sais pas les prendre, il vaudra mieux ne pas les consommer, ils risquent d’être trop vieux. Sinon, tu peux aussi bien tous les manger à ce stade, c’est pas grave ». Cette dernière suggestion, bien que pragmatique, me fit tout de même un petit pincement au cœur. Aussi, pris-je la peine de dessiner un poussin sur chacun des œufs qu’il venait de m’offrir. De retour à la maison, je m’approchai doucement de Nicole pour ne pas l’effrayer et, farfouillant le nid sous son corps chaud , j’échangeai prudemment les œufs vierges contre les éventuels poussins en devenir. Je n’avais plus qu’à attendre.

Au départ, Lucette continuait de vivre sa vie comme si de rien n’était. Mais au bout de quelques temps, elle se mit elle aussi à couver du matin au soir. Cette fois-ci, ce comportement m’apparut comme une bonne nouvelle. Il y avait bien de la vie dans ces œufs et nous allions peut-être voire éclore des poussins. J’espérais que Gustave et moi pourrions assister en direct à l’éclosion. Mais je ne savais pas très bien si c’était une bonne idée. Nos poules ne risquaient-elles pas de devenir agressives pour protéger leurs petits? Gustave avait enfin compris que les poules ne fonçaient pas sur lui mais sur le seau de graines qu’il portait. Il avait enfin cessé d’avoir la pétoche ! Je n’avais pas tellement envie qu’il se fasse agresser par une poule alors qu’il serait venu s’émerveiller de la venue au monde d’un poussin.

Il était déjà dans son lit, prétendant depuis plusieurs minutes qu’il avait « fini dodo » ou « besoin de faire caca » ou « veut pas dormir » lorsque je rentrai de l’Académie. Lassée de l’entendre crier, je décidai de lui fausser compagnie au profit de Lucette et Nicole. En arrivant au poulailler, je crus d’abord être témoin d’une scène macabre. En contrebas du nid, j’aperçus des débris de coquilles, et dans le nid, des œufs clairs, laissés à l’abandon. Aucun d’entre eux ne portait l’un de mes dessins. C’est alors qu’un petit « tchip » aigu attira mon attention un peu plus à gauche. Nicole et Lucette se tenaient là, bras dessus, bras dessous quand une petite tache blanche apparu dans le plumage de Nicole. Puis une autre, au niveau du croupion de Lucette. Je vis alors un œil, un bec, des petites pattes. Pierre-Yves qui était sorti arroser les plantes pris en photo l’un de ces charmants petits êtres et le nomma « Charlie » car il semblait jouer à cache-cache. Un troisième pointa alors le bout de son bec et se dégagea de l’étreinte de ses mères adoptives pour venir se pavaner devant moi. Il avait une petite tache noire sur le sommet de la tête, et une autre sur le dos. Son plumage étant encore très clair, cette combinaison me fit un peu penser au pelage d’un dalmatien. Je cherche encore un nom à leur donner.

Comme à ce stade, on ignore encore s’il s’agit de mâles ou de femelles, j’ai envie de leur donner à chacun un prénom non genré, du genre Axel, Daniel, Dominique,… (Il y a quelques mois, j’avais suggéré à un membre du groupe Facebook « Poules : Entraide, Idées, Conseils, histoires et anecdotes » de baptiser « Pascal·e » un poussin né le weekend de Pâques) Mais c’est peut-être aussi simple d’attendre un peu pour voir ce qu’il en est après tout.

J’ai toujours ressenti pour les poules de Gustave un sentiment proche d’un amour maternel. N’ayant eu que des garçons, c’est près d’elles que je me réfugie lorsque je ressens le besoin d’une présence féminine à mes côtés (même si bon, on est bien d’accord, ça vaut ce que ça vaut…) Toujours est-il que me voici donc – à peu près – grand-mère adoptive de trois charmants poussins.

J’ai hâte de les présenter à Gustave.