La différence invisible

Dans cette BD de Julie Dachez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin), on suit la vie quotidienne de Marguerite, une jeune femme qui vit comme tout le monde, quoi qu’un peu à part. Entre son petit ami qui ne comprend pas pourquoi elle ne s’amuse pas dans les soirées et elle qui ne comprend pas que son « sympathique » voisin est en fait occupé à la draguer avec son baratin ; entre ses collègues qui ne comprennent pas le manque de tact de Marguerite et celle-ci qui dit sans détour ce qu’elle pense, réalisant souvent trop tard que sa réaction était inappropriée. Marguerite découvre un jour que l’autisme la concerne peut-être bien. Elle se reconnaît dans les témoignages et se renseigne. Comme beaucoup de personnes autistes elle est d’abord confrontée à un psy mal renseigné sur le trouble, mais elle tient bon, et pousse d’autres portes. Une fois son diagnostic posé, elle se sent d’abord soulagée, elle déculpabilise d’être « différente ». Elle rencontre de nouvelles personnes auprès desquelles elle ne doit plus en permanence faire des efforts d’adaptation. C’est reposant. Engaillardie par une nouvelle energie, elle entreprend de demander des aménagements sur son lieu de travail. L’entreprise a beau se dire ouverte à la différence, les aménagements demandés (bureau privé par exemple pour éviter le brouhaha de l’Open space) sont tous refusés au prétexte qu’on ne peut pas faire de favoritisme, que ce serait injuste vis-à-vis des autres collègues. En d’autres termes, elle se retrouve discriminée au nom de la non-discrimination. Comme beaucoup de personnes autistes, Marguerite se résignera à changer de taf.