Po Ptakach

Le mois d’avril commence avec Po ptakach, un spectacle de Chorea. « Po ptakach » signifie « après les oiseaux ». Je n’ai pas vraiment perçu d’oiseaux dans cette pièce. Tout juste quelques plumes.

La scène est plongée dans le noir. Le public se retrouve de part et d’autre de celle-ci (à gauche et à droite). À l’arrière de la scène, se trouve une plateforme surélevée, éclairée. Une jeune femme y sied, immobile.

De sous la plateforme, arrivent alors trois types, casqués comme des aviateurs du siècle dernier, et qui se baladent, une échelle sous le bras. Une fois au milieu de la scène, ils s’agrippent non plus aux montants, mais aux échelons de l’échelle, qui reste horizontale. Ils font mine de l’escalader et une fois arrivés au bout, ils la remontent mais de l’autre côté. Ils tournent donc en rond autour de cette échelle comme pour montrer qu’ils vont de plus en plus haut.

La jeune femme se lève alors et pousse un petit cri strident. « NI! »
Les aviateurs, l’air surpris, se mettent alors à courir dans tous les sens. La jeune femme descend dans une pirouette, et pousse un nouveau cri strident. Cette fois, deux des types passent leur tête entre deux échelons et supportent l’échelle avec leurs épaules, tandis que le troisième, au milieu, passe tout son torse entre les échelons, et se retrouve ainsi porté par les deux autres. Ses jambes s’agitent à 60 cm au dessus du sol. Il fait des mouvement amples. Les deux autres se mettent à courir dans tout les sens, donnant ainsi l’impression que celui du milieu court allègrement, comme si son poids était moindre à tel point qu’il pouvait courir sur des nuages, léger comme une plume. Encore un cri strident. Les pitreries s’arrêtent. Les trois types reprennent leur échelle normalement, sans cesser de courir, et finissent par la perdre, par devant la scène.

La plateforme est à présent dans l’ombre, mais on aperçoit alors de la lumière, s’échappant de l’imposte d’une porte située dessous.

Une quatrième personne entre alors en scène. Il s’agit d’un homme (Pawel), vêtu d’un long manteau bleu, et ayant des airs inquiétants d’exhibitionniste. Il s’agite, lui aussi, dans tous les sens. Il s’adresse au public. Tout à coup, le reste de la troupe débarque, marchant d’un pas ferme, pressé, sans prêter attention au personnage en bleu. Je reconnais alors un des exercices réalisés lors de mon premier atelier. Le groupe tout entier reproduit la même séquence de pas aux quatre coins de la scène. Le groupe va de plus en plus vite, et se retrouve à piétiner le personnage vêtu de bleu.

Soudain, l’un des membres du groupe s’arrête et se retourne sur le pauvre gars qui s’est fait marcher dessus lamentablement. Il le regarde, s’approche de lui… Pour lui donner un coup de pied et lui cracher au visage. La scène se répète plusieurs fois, mais à un moment donné, le personnage en bleu se retrouve porté par le reste du groupe et, le spot étant dirigé en plein sur lui, il a des airs de christ en croix, il récite d’ailleurs des paroles ressemblant à celles des prêtres lors des messes classiques.

Puis, le groupe se retrouve guidé par ? Elina ? Le tout a des airs de « chaise musicale » ou de « petit poisson rouge » Tout le monde bouge tant qu’elle chante, et quand elle s’arrête, tout le monde s’écroule, s’étale au sol. Et attend sans bouger qu’elle se remette à chanter. Seules quelques personnes se permettent de bouger au milieu des autres, comme si le temps s’était arrêté pour tout le monde sauf pour elles.

Jusqu’ici, je ne comprends vraiment rien. Heureusement, parallèlement à ce drôle de bazar, se joue une autre histoire. Parmi les privilégiés ayant le droit de se déplacer, il y a Tomasz, mon supérieur, qui semble jouer le rôle d’un futur marié et une dame vêtue de rouge qui semble jouer sa promise. Voilà qui pourrait expliquer toute l’agitation du début. L’arrêt du temps permet peut-être de se focaliser sur le personnage capable de bouger pour comprendre ce qu’il ressent, ou peut-être, ce dont il rêve, allongé au milieu des autres. L’histoire se poursuit. Le groupe se divise en deux, les uns sur la plateforme du fond, les autres sur le rebord du mur de devant la scène. Chaque groupe chante quelque chose de son côté, et on dirait qu’ils se répondent.

Je ne parviens plus à remettre de l’ordre dans mes souvenirs. Je me souviens qu’Adam a fait un truc très rigolo sur la plateforme (mais je ne sais plus quoi ^^), que Tomasz et la femme en rouge ont dansé sur scène, et que deux autres acteurs faisaient de même sur la plateforme, comme pour montrer l’exemple.  Je me souviens aussi que les acteurs descendaient de la plateforme de manière incroyable : ils se mettaient à 4 pattes sur le bord, s’agrippaient à celui-ci et faisait un genre de culbute en avant pour descendre de celle-ci.

Plus tard, Tomasz semblait avoir des difficultés à faire sa demande… la femme en rouge longeait le mur de devant, un voile blanc devant les yeux, pendant que Tomasz avançait vers elle sur la scène en ayant la lumière de la lucarne dans son dos. Une fois face-à-face, ils s’observaient quelques instants, puis Tomasz enfermait sa partenaire entre ses bras et le mur contre lequel il se laissait presque tomber, violemment. La scène s’est peut-être répétée 5 fois. C’était comme si Tomasz était violent d’avoir trop bu, et que sa partenaire le rejetait pour cette raison. Mais bon, je n’ai peut-être rien compris, parce que je ne vois toujours pas le rapport avec les oiseaux.

Peut-être devrais-je me renseigner sur « les oiseaux » d’Aristophane. 

Vous voulez vous faire une idée de ce que ça donne? C’est par ici (trailer) et  ici (exraits) !

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Hé oui, les poules, Guillaume, les poules! Ces sympathiques gallinacés sont bel et bien des oiseaux.
Et les poules de Pâques pondent des « pisanki » (rien à voir avec le pisang) En fait les pisanki sont des oeufs normaux, mais cuit durs et peints. 🙂