Un autre week-end riche en émotions

Hello tout le monde.

Vous savez déjà que je travaille pour Chorea, et que je dois leur trouver des partenaires francophones de par le monde. Ce que vous ne savez pas encore, c’est le genre de trucs proposés par Chorea. Bon, vous avez peut-être visité leur site web, mais tout de même, vous n’êtes pas sûr(e)s d’avoir compris en quoi c’est du théâtre.

J’en étais au même point que vous, ce vendredi matin. Heureusement, Tomasz nous a invité, Taïfun et moi, à participer à l’atelier de ce week-end.

Le premier jour, on a eu droit à de la gymnastique, de la gymnastique et … Voyons, quoi d’autre? Ah oui! De la gymnastique! Quel genre? D’abord des échauffements (du même style que ceux proposés par zatocap ou les joyeuses guibolles), et puis de l’ashtanga yoga (dans le genre se jeter au sol, faire des pompes, étirer les jambes) Ce fut long. Mais long!  J’ai cru que j’allais y rester.

Bon, il n’y a pas eu QUE de la gym. Heureusement d’ailleurs.
Une fois nos échauffements terminés, nous avons eu quelques exercices de rythme. S’il y a bien une chose que j’ai retenue de mes cours de logopédie, c’est que le rythme et moi, ça fait au moins trois! Mais bon, on est là pour apprendre, on est entourés de professionnels qui savent qu’on a pas autant d’entraînement qu’eux et qu’on sera probablement nuls. Aussi, ils n’hésitent pas à refaire la séance au ralenti pour qu’on puisse suivre leurs pas.

Voici, par exemple l’exercice de rythme du premier jour:
Boum – clic – clac -boum -clic -boum -clac
(boum = taper de la main droite sur la poitrine;
clic = claquer des doigts;
clac= frapper dans ses mains)

C’est un fait: je suis très nulle, bien que la séquence soit simple. Je me suis donc entraînée toute la soirée, et le lendemain, j’ai révisé la séance pendant tout le trajet. Si j’ai été dévisagée? Bien sûr. Mais j’étais concentrée, et je me fichais bien du regard de tous ces inconnus.

Puis Tomasz nous a invité à réfléchir à 5 choses importantes de notre vie, à les écrire. De pouvoir écrire en français m’a rassurée pour deux raisons: la première c’est que j’écris beaucoup plus facilement en français qu’en anglais (ou qu’en polonais, évidemment) la seconde, c’est que je savais que personne ne comprendrais ce que j’écrivais. J’ai donc pu « me lâcher ».

Nous avons terminé notre première journée par des exercices de chant. Au sens très très large. C’est à dire qu’on a commencé par réciter des « ooOOooo », des « aaAAaaa », mais aussi des « meuuuh », des « bèè », des « brrrrllllt », une sorte d’échauffement vocal. Ensuite, nous sommes passé au chant proprement dit.

D’abord, un truc dans le genre de [maman, aide-moi : une pochette de CD bleue claire avec un petit nuage, qu’on a dû recevoir à une tombola. Un truc avec des voix de femmes criardes, qui geignent sans arrêt], Ensuite on a chanté « Su kaaj » de Tomasz Krzyzanowski (un des membres de Chorea). On était deux groupes, alto et basse. J’ai trouvé difficile de rester concentrée sur la manière dont mon groupe devait chanter.

 

Deuxième jour. J’arrive donc en ayant bien révisé ma séance rythmique – boum clic clac boum clic boum clac – impatiente de pouvoir montrer que je l’avais bien apprise. Évidemment, ce n’était pas pour tout de suite. D’abord la gym. J’avais encore mal partout. On a eu droit à des culbutes dans tous les sens. Je regardais l’exercice avec appréhension puis m’étonnais d’être capable de le faire. C’est justement ce que recherche Chorea avec ce genre d’atelier. Montrer aux gens que ce qui parait impossible devient possible avec une méthode appropriée.

Après les culbutes, place au rythme. (yes!) Désillusion! Vous pensez bien. Chaque jour, on corse un peu plus la tâche. On oublie le boum clic clac, et place à une autre séquence, dans laquelle l’ensemble du corps va bouger en 5 temps.

1- tape du pied droit sur le sol
2- tape du pied gauche sur le sol
3 – tape la main droite sur la cuisse droite
4- tape la main gauche sur la cuisse gauche (non, je ne sais pas comment on dit cuisse en polonais)
5 – tape main droite main gauche sur le torse

recommence de 1 à 4, puis remplace 5 par frapper des mains une fois
recommence de 1 à 5
recommence de 1 à 4 puis remplace 5 par frapper des mains deux fois

Cap ou pas cap? Qui relève le challenge? (histoire que je me sente moins ridicule d’être à peine capable de taper des pieds en rythme)

Puis, place à la danse :

1- un pas à droite
2- un pas à gauche
3- deux pas à droite.
et ainsi de suite prawo, lewo, prawo prawo (oui, oui, … Je sais comment dire droite et gauche en polonais)

Ensuite on fait pareil mais de l’autre pied. puis on alterne une séquence pied gauche et une séquence pied droit…

Et comme le ridicule ne tue pas (c’est désormais officiel) on essaye de danser en rythme

tap tap (ça, c’est un pas à droite en tapant des pieds)
clic clic (on se tape juste sur les cuisses en retournant à gauche)
bouboum (ça, c’est les deux coups rapide sur la poitrine, tout en faisant deux pas vers la droite.
tap tap clic clic clap! (hé oui, la deuxième fois, il fallait taper des mains)
tap tap clic clic bouboum
tap tap clic clic claclap
tap tap clic clic bouboum tap tap clic clic clap tap tap clic clic bouboum tap tap clic clic claclap.

… vous avez suivi? Moi non plus! Encore une fois toute la séquence ? Il n’y a qu’à demander proche powtówic! (oui, parce qu’il le font plus volontiers si on fait l’effort de le leur demander en polonais, c’est bien compréhensible).

tap tap clic clic bouboum, tap tap clic clic clap;
tap tap clic clic bouboum, tap tap clic clic claclap.

Voilà, ça n’a pourtant pas l’air bien sorcier, mais je n’y arrive pas. Pas du premier coup, en tout cas.

On reçoit chacun un exemplaire d’un alphabet, pas forcément celui que l’on connait. (Pour ma part, j’ai eu droit à l’alphabet phénicien) On doit choisir 5 lettres à mettre en mouvement, selon ce qu’elles nous inspirent. Comme je ne suis pas une grande habituée, je choisis des mouvements très simples, très compréhensible : un foetus, un lit, … une grenouille qui saute. Ça amuse pas mal mes camarades d’atelier. Tomasz m’explique que mes mouvements sont simples, mais plutôt bien. Il précise tout de même que le but n’est pas de faire rire, mais plutôt d’être sérieux, de faire ressentir que ce qu’on montre est important. (Du coup, j’ai laissé tombé la grenouille)

Exercice de cohésion de groupe: On marche simplement, et on essaye de regarder ce que font les membres du groupe. L’un d’entre eux mène le jeu, et lorsqu’il s’arrête, on doit tous s’arrêter.  On recommence à marcher. Au bout de quelques marche-stop-marche-stop, on décide de placer, l’une après l’autre, nos cinq phrases. À chaque stop, on prononce une phrase, haut et clair. On veut se faire entendre. La marche reprend. Cette fois, à chaque stop, on va s’écouter, les uns, les autres en partant d’un coin de la salle à un autre; on va devoir dire notre phrase à quelqu’un, le regarder, communiquer notre message, car il est important.
Ça a été difficile pour moi, puisque je pensais que ces phrases allaient rester personnelles. Et puis, parce que c’était une autre langue que la leur, parce que personne ne comprendrait, j’ai dis mes phrases. Comme tout le monde. Quelques personnes autour de moi pleuraient en disant leur texte. Une des participantes m’a expliqué qu’une des personnes qui pleurait parlait de sa grand-mère à l’hôpital. J’ai compris que tout le monde se livrait, et que je pouvais dire mes phrases sans crainte d’être jugée.

Et puis c’est reparti avec le chant. Un chant polonais naturellement. Mais cette fois pas de paroles écrite. On a pris note comme on a pu, Taïfun et moi. Je ne sais pas comment il s’en est sortit au final, mais quand on doit retranscrire un truc du genre « oucouïsetsaboul » on ne peut s’empêcher de l’écrire de la manière la plus facile à relire. (je vous laisse faire l’exercice, et je précise qu’il n’y avait pas que ça mais le reste est moins drôle à raconter)
Bah, j’ai bien chanté « sanomi« , qui n’a aucune signification, je devrais pouvoir m’en sortir en chantant du polonais.

 

Troisième jour –

gymnastique
On a travaillé par groupes de deux. On devait rester connectés en permanence. On s’est porté l’un, l’autre. C’était amusant, une fois au dessus de se détendre tout à fait. Et lorsqu’on prenait de la distance, on pouvait voir de la beauté dans nos mouvements. On a pu aussi faire une figure sur le dos de l’autre. (l’étoile, par exemple) Une autre? notre partenaire nous attrapait les bras et sous la cuisse (comme un pompier?) et on se retrouvait le ventre sur son dos.
La plus belle des séquences était aussi la plus romantique. 🙂

so romantic
On dirait bien qu’Andrzej a trouvé l’amour de sa vie!

Présentation de notre texte en mouvement. 

En gros, on a mixé les mouvements choisis pour nos lettres et les phrases du premier jour. Toujours par deux. J’ai travaillé avec Aleksandra pour cet exercice. Tomasz a vraiment aimé notre groupe car je disais des choses graves, quand de son côté, elle parlait de la vie avec amour. Il y avait une véritable confrontation des points de vue. Et on se regardait presque toujours en nous disant nos phrases, il y avait donc une vraie sensation de communication, même si on ne se comprenait pas.

Rythme

1 – on avance le pied droit en le tapant deux fois au sol
2 – on recule le pied gauche
3 – on recule le pied droit
4 – on avance le pied gauche en le tapant un fois au sol
5 – heuuuu. ça y est je suis perdue!
et puis pirouette et puis taper du pied 4 fois en alternant droit et gauche. et puis heu…

Non, décidément, je m’emmêle trop les pinceaux. Faut dire que « boum clic clac », même en polonais, je comprends. Ici, c’était plus chaud. Vous vous demandez comment je m’en sors? Hélas, … ce site supporte mal les vidéos de plus de 20MB… :/ Il faut vous rendre sur facebook. https://www.facebook.com/video.php?v=10205237882801866&pnref=story