Comme un oiseau dans un bocal

Lorsque Birdo rencontre Raya, il y a tout de suite une sorte d’alchimie qui se produit. Rapidement, ils se surprennent à discuter de sujets pourtant intimes. Lou Lubie nous place en spectateur de leurs réflexions : L’intelligence n’est pas un don qu’on possède ou non. On est tous plus ou moins intelligents. Mais lorsque on se situe aux extrêmes, on se retrouve forcément en marge de la société, et l’on peut ressentir ce décalage par rapport au reste du monde comme un handicap. Pas facile de trouver les bons mots pour en parler sans blesser l’orgueil de monsieur-madame tout-le-monde.

Si parler de précocité peut avoir du sens s’agissant d’un enfant, il n’en a plus du tout au sein d’une population adulte.

Le terme de surdouance laisse à penser que tous les autres sont « moins doués », ça sonne vite arrogant, ou prétentieux. (Alors qu’entre les 2% de surdoués et les 2% de sous-doués, il reste 96% de personnes plus ou moins intelligentes)

L’idée de Haut Potentiel Intellectuel donne au principal intéressé le sentiment d’avoir le devoir faire quelque chose de ce don. (Bonjour la pression!)

Quant aux métaphores animales (zèbre, poulpe, poisson…) elles ont surtout le mérite de permettre aux principaux intéressés de se reconnaître entre eux. Il s’agit plus d’un code, que d’une analogie basée sur les capacités de l’animal en question.

Enfin, une nouvelle étiquette tente de définir au mieux cette population particulière. Il s’agit de « philo-cognitif » (qui aime penser)

Brido et Raya abordent aussi la question des « comorbidités » des neurodivergents (hypersensibilité, TSA, TDA, Troubles Dys etc), la validité et la signification des différents tests (notamment l’effet Barnum), les biais d’observation des psychiatres, et les stéréotypes en tout genre autour de ce fonctionnement particulier. Bref, à travers cette charmante bande dessinée, c’est un bel état des lieux sur le HQI que nous offre Lou Lubie.